Devant la propagation de la peste porcine jusqu’à sa frontière belge, la France met en place des « zones blanches » pour se protéger du virus.
La peste porcine africaine est une maladie, de propagation lente mais souvent léthale (le décès survient dans les 10 jours après l’infection), qui touche les porcs et les sangliers. La peste porcine n’a en revanche aucun impact sanitaire sur l’homme. Ce virus était inconnu en dehors de l’Afrique jusqu’en 1957, lorsqu’elle est entrée au Portugal par le biais d’un navire contenant des aliments contaminés. En 2007, une souche particulièrement virulente a fait son apparition en Géorgie, puis dans la partie européenne de la Russie, en Ukraine et en Biélorussie.
Or, l’infection de la population de sangliers sauvages en Europe s’est depuis progressivement propagée aux porcs d’élevage. Si bien qu’au cours des cinq derniers mois, neuf pays européens ont signalé plus de 1 000 nouveaux cas (les plus touchés étant la Pologne, la Roumanie, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie). Cette résurgence fait peser le risque de pertes massives parmi les élevages européens – entre les malades et les bêtes abattues de manière préventive. Aussi les éleveurs mettent en garde contre une catastrophe à la fois économique et sociale.
La France qui tente d’endiguer la progression de la maladie, a créé une « zone blanche » à la frontière belge. Le virus avait en effet été identifié à Etalle,en Belgique le 13 septembre, sur des cadavres de sangliers, puis le 9 janvier dernier, à un kilomètre de la frontière française. Aussi, sur ordre du ministre français de l’Agriculture Didier Guillaume, tous les sangliers débusqués dans cette zone devront être abattus dans les prochaines semaines. Dans certains pays d’Europe centrale, de telle mesures ont en effet permis de limiter la propagation de la maladie.
La mesure peut semble radicale, mais si la maladie se déclare en France, les producteurs français risquent de ne plus pouvoir exporter, ce qui fragiliserait encore davantage les quelques 14.000 élevages porcins français, déjà mise à mal par l’embargo russe en palace depuis 2015. Le ministre a également demandé à la Fédération nationale de chasse (FNC), l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et l’Office national des forêts (ONF) « une mobilisation maximale pour procéder très rapidement au dépeuplement des sangliers dans cette zone ».
Ces mesures ne servent en revanche qu’à stopper l’expansion du virus sur le territoire français. Heureusement, dans le même temps, Bruxelles a attribué une enveloppe de 1,2 million d’euros aux pays membres pour endiguer la peste porcine. Par ailleurs, un important programme de recherche et d’innovation financé par l’UE depuis 2018 a pour mission de mettre au point un vaccin pour éradiquer la maladie.
Bonjour,
Je lis votre article avec beaucoup d’intérêt, mais je suis surpris que vous ne précisiez pas que, à ce jour, la France n’a analysé AUCUN des sangliers abattus dans la zone frontalière avec la Belgique, alors que des sangliers positifs ont été abattus à quelques centaines de mètres de là, côté belge.
Si on ne cherche pas, on ne trouve pas…
Malheureusement, cet aveuglement volontaire risque d’empêcher les autorités de prendre les mesures adéquates.
Cordialement,
J Plussé